Fissabilillah partout, respect nulle part

Vous vous rappelez quand j’ai posté une cagnotte en expliquant que mon travail (qui était jusque là bénévole) de rédaction/édition sur mes blogs représentaient une charge mentale constante ?
Si vous ne vous en souvenez pas, c’est pas grave. Ce billet, c’est pas pour re-demander des sous, je le ferai quand j’aurai monté une véritable campagne de financement participatif digne de ce nom, parce que le but n’est pas de quémander, mais bien qu’un lien social réciproque et une communauté soudée se construisent.
Par contre, je tiens à donner quelques chiffres, et quelques données qualitatives sur ce que représente le travail de rédaction, et plus largement le travail éditorial dans nos espaces militants.
Pour ma part, un article c’est en moyenne 5h d’écriture, entre 1h et 3h d’édition, des semaines, voire des mois de réflexion, des réflexes permanents pour ne pas oublier de noter la super idée qui vient toujours au moment où on ne l’attend pas.
Et encore, moi ce n’est rien, ma communauté est plutôt restreinte, et ma cible de lecteurs représente un marché de « niche » comme on dit dans le jargon. Je n’ai jamais couru après l’audience, ni après les likes, pas par modestie, mais parce que j’espère surtout apporter une valeur ajoutée, des solutions concrètes aux problématiques que l’on rencontre toutes et tous en tant que personnes engagées.
Donc je me satisfais largement de ma petite communauté qui est vraiment très reconnaissante, puisque désormais lorsqu’une organisation me propose des travaux éditoriaux ou rédactionnels, c’est souvent rémunéré, et de manière très juste.
Mais je ne supporte pas d’entendre que des personnes qui s’engagent avec la même énergie que moi, si ce n’est parfois plus, le font de manière totalement bénévole, parce qu’on profite de leur bonne foi. Car la vérité, c’est que sans ces personnes qui se chargent du travail à la fois exigeant, complexe et primordial qu’est le travail éditorial, vos organisations qui n’ont pas toujours les moyens de s’implanter physiquement n’existeraient même pas sur le web et les réseaux.
Ce n’est pas tout le monde qui est suffisamment créatif pour générer du contenu de qualité de manière régulière, et ce, sur son temps libre. Alors respectez-les en les rémunérant, ne serait-ce que de manière symbolique, lorsque vous avez les moyens de lever des fonds, bien entendu. Et si vous n’avez pas encore les moyens, faites en sorte de les convier à vos réunions stratégiques, d’écouter leurs suggestions, et d’être 100% transparents sur votre comptabilité, c’est la MOINDRE DES CHOSES. Ne profitez pas non plus de l’absence aux réunions pour faire de la rétention d’informations (oui, c’est une forme de maltraitance), les serveurs Discord, les conf call Skype et cie, les compte-rendus écrits, c’est aussi fait pour ça. Il va également de soi que si vous avez du travail rémunéré à proposer, la priorité est de le donner aux personnes dans le besoin, c’est-à-dire celles les plus exposées à la précarité et à la discrimination à l’embauche.
Bien sûr, ce que je dis pour le travail éditorial est valable pour tout type de travail (pas question de hiérarchiser) à partir du moment où il est de qualité professionnelle, et où il permet de propulser une organisation en termes de visibilité, de respectabilité et/ou de prestige.
Donc si un jour une personne qui fait du travail de qualité vous lâche, vous snobe, ou mieux, vous tombe dessus parce que vous négligez son apport qui fait vivre vos événements ou votre organisation, faudra pas venir pleurer.

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