COVID-19 : les élections, le gouvernement et nous.

Je n’avais pas prévu de publier sur le sujet. Parce que je me suis autorisée à ne plus réagir face à l’actualité depuis des mois, afin de me consacrer à ce qui me tenait vraiment à cœur. Pourtant, je ressens aujourd’hui le besoin de réagir face à cette crise sanitaire que nous traversons actuellement. J’avais oublié la sensation d’écrire au fil de l’eau, sans plan ni structure, autre que celle de mon esprit.

J’ai hésité, car je craignais d’être confuse. En réalité, c’est très clair dans ma tête. Déjà, parce que cette petite cure m’a permis d’être beaucoup plus clairvoyante, mais surtout parce que les événements de ces derniers jours sont en réalité très révélateurs des problématiques de notre société.

D’abord, la siinophobie la plus crasse, sous prétexte de panique et de psychose. Puis la désinvolture, le déni, la raillerie, le mépris. La prise de conscience, qui a permis de réaliser que les préconisations islamiques sur le fait de se laver les mains régulièrement, se couvrir, limiter les contacts physiques avec les étrangers, ce ne sont pas forcément des signes de radicalisation, mais bel et bien des gestes sanitaires basiques et de bon sens, quelle que soit notre foi (ou notre absence de foi). Enfin, les comportements merdiques de tout genre, de la création de la pénurie en se jetant sur certains produits dans les commerces à la fausse résistance qui consiste à continuer sa petite vie de manière égoïste, en passant par la critique des personnes se rendant aux bureaux de vote et par le fait de tout mettre sur le dos des membres du gouvernement.

En réalité, cette période va être une belle épreuve de sélection naturelle. Je suis secrètement persuadée que ce qui va accentuer les effets néfastes de cette épidémie c’est le manque de solidarité, de bonne foi et de bienveillance, et le fait de toujours remettre TOUT sur le dos de raisons externes à soi et à son propre comportement. On est parti sur un escape game de plusieurs mois, et les survivant.e.s ne seront pas les plus privilégié.e.s et les moins fragiles, mais bien celles et ceux qui auront fait preuve de bon sens.

On part déjà mal quand on se jette sur des paquets de pâtes et de papier toilette alors que n’importe qui au courant des bonnes pratiques en termes de nutrition et d’hygiène sait que ce n’est pas tellement le bon plan. On est franchement nuls lorsqu’on refuse de limiter ses déplacements et qu’on crie à la privation de liberté parce qu’on tient trop à son petit apéro ou à ses petits loisirs de bourgeois, alors que la vie des autres est en danger. A l’ère du wifi, des smartphones, et de Netflix, on a tous les outils pour maintenir un lien social  car OUI les liens virtuels sont des liens aussi forts que les autres, et peuvent être d’excellente qualité dès lors qu’on les considère à leur juste valeur. Vos gestes ont un impact. Vos comportements avec les autres, proches, ou moins proches, aussi. Vous avez les moyens de faire du bien aux gens, mais vous avez aussi la capacité de les détruire si vous vous comportez comme des trous du cul. En sachant que le karma finit toujours par se charger de ces trouducs.

On n’avance pas mieux quand on critique les personnes qui se rendent aux bureaux de vote, que ce soit pour voter ou pour tenir les bureaux. Aller voter par conviction, parce qu’on a foi en un candidat, ou parce qu’on s’est investi, ne serait-ce qu’émotionnellement dans une campagne, c’est une bonne chose. C’est louable, et significatif que des gens se prennent en main, s’engagent pour changer leur environnement. Ce n’est pas toujours parfait, mais rien ne l’est. Et nous savons tous que des efforts imparfaits valent mieux qu’une inertie oisive parce qu’enfermée dans le purisme et la paranoïa. Respectons ces risques pris pour le bien de la collectivité, même si on peut questionner justement la tenue de ces élections. Culpabiliser les personnes qui s’engagent jusqu’au bout, c’est pareil que les injonctions au vote subies par les abstentionnistes depuis des lustres.

Et enfin, il y en a qui profitent de cette crise sanitaire pour balancer leur haine des membres du gouvernement. Perso, je n’ai rien de particulier contre eux. Je n’ai pas voté pour eux par conviction car je savais à quoi m’attendre. Ils ont pris ces derniers jours des décisions qui leur coûtent, et qui vont en partie à l’encontre de leurs intérêts. Ils ne vont pas jusqu’au bout, mais comme je viens de l’écrire, ce n’est pas surprenant, puisqu’ils n’ont jamais caché leurs intentions, si on est un peu perspicace et qu’on s’intéresse un peu à leur action avant de la fustiger. Ne vous détrompez pas, je suis la première à avoir le seum contre eux et la majorité de leurs décisions. Je n’aime pas ce qu’ils représentent. Ce n’est pas la société dans laquelle je veux vivre et à laquelle j’aspire.

Mais j’en ai marre d’avoir juste le seum. Et j’en ai marre de voir des gens qui se contentent de balancer leur seum, sans jamais agir concrètement pour ne plus l’avoir. C’est fatigant. Et c’est révélateur de comportement toxique.  Pourquoi je devrais avoir plus foi en des gens qui mettent tout sur le dos du gouvernement par rapport aux membres du gouvernement eux-mêmes ? Comment être certaine que ces gens qui ont tendance à tout mettre sur le dos du gouvernement ne vont pas se retourner contre moi à la moindre occasion ? Vous n’en avez pas marre, vous, d’attendre quelque chose d’eux alors que vous savez que ça n’arrivera pas parce que ce n’est pas dans leur intérêt ? Parce que moi, si.

J’ai donc pris le parti de me respecter en priorité. J’ai fini par réaliser ainsi que je respectais mieux les autres de cette manière. Ça passe par ne pas attendre que les autres bougent à notre place, et de faire des choses quel que soit le contexte, d’agir en société et politiquement en dehors du calendrier gouvernemental, institutionnel, électoral et des attentes des autres. Et de le faire quand j’en ai besoin, envie, et la capacité.

Non seulement, c’est bien plus efficace, mais en plus, c’est une condition nécessaire pour être en mesure de questionner radicalement cette crise sanitaire que nous traversons, et plus globalement, n’importe quelle situation de crise.

 

 

 

 

 

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